EDITO

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Mise à jour le 9 Août  2019

Guerre d'Algérie : son statut d'ancien combattant reconnu 57 ans après.

N'en déplaise à ce Monsieur mais s'il avait fait partie d'une association d'anciens combattants, il aurait été informé ????

 

Francis Pierré, ancien militaire, n'était pas au courant qu'il pouvait bénéficier de la carte d'ancien combattant, comme le raconte « Le Parisien ».

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Modifié le  - Publié le  | Le Point.fr

Francis Pierré est très remonté. Depuis 57 ans, il aurait dû bénéficier de la précieuse carte d'ancien combattant, raconte Le Parisien. Ce retraité de 76 ans fait partie des appelés en Algérie entre juillet 1962 et juillet 1964. « C'est totalement par hasard que mon fils à découvert que j'avais droit à la carte d'ancien combattant depuis janvier dernier. Pourquoi n'a-t-on pas été informé, s'interroge Francis Pierré. Et en plus ça n'est pas rétroactif ; c'est vraiment scandaleux. Combien de gens vont finalement profiter de la mesure ? » se demande Francis Pierré auprès du journal.

La procédure pour obtenir la carte d'ancien combattant n'est pas la même pour tout le monde. En effet, pour ceux qui ont vécu le conflit jusqu'à l'indépendance, l'obtention de ce statut est automatique. Un fonctionnement différent pour ceux qui se sont rendus en Algérie à partir de l'indépendance et jusqu'à juillet 1964. C'était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, par question d'équité. Depuis décembre 2018, la carte d'ancien combattant (et ses avantages) est attribuée aux soldats déployés après la fin de la guerre jusqu'en 1964. Terminé donc l'argument : « Ce n'était plus en temps de guerre. » Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées, estime que 30 000 bénéficiaires potentiels pourraient déposer leur demande de carte d'ici à la fin de l'année.

Des avantages financiers

L'obtention de cette carte n'est pas anodine, de nombreux avantages sont liés. « Ça n'est pas rien. Cela va me permettre notamment de toucher une retraite supplémentaire de 750 euros par an et de bénéficier d'une demi-part fiscale supplémentaire. Ça compensera la suppression de la demi-part de veuf que je suis… » détaille l'ancien militaire cité par le quotidien.

Le Parisien rappelle les avantages liés au statut. La croix du combattant, une retraite de 751,40 euros par an cumulable avec une pension de retraite professionnelle et une demi-part d'impôt sur le revenu à partir de 74 ans. De plus, les anciens combattants peuvent également avoir accès aux services et aides sociales de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre. Enfin, ils ont droit à la constitution par capitalisation d'une retraite mutualiste majorée par l'État de 12 à 60 % selon les cas. Pour financer ces différents avantages, une enveloppe annuelle de 30 000 millions d'euros a été budgétée, explique le quotidien.

Qui veut l'argent des anciens combattants ?

EXCLUSIF. Selon un rapport, la République débourse chaque année 3 milliards d'euros pour ses anciens combattants. "Le Point" met l'accent sur certains abus.

C'est une bombe à retardement dont chacun fait mine de ne pas entendre le tic-tac", confie un haut fonctionnaire de Bercy. Voilà plusieurs mois qu'un rapport explosif sommeille à la Cour des comptes. Le document, que Le Point a consulté, renferme un avis sévère sur les dépenses de l'État en faveur des anciens combattants. La République débourse près de 3 milliards d'euros tous les ans pour ses vétérans. "Le prix du sang", soulignent les associations d'anciens combattants. La Cour des comptes, elle, parle d'"une charge financière lourde et pas toujours justifiée", et en demande la réforme.

Une carte trop facilement délivrée

Créée en 1926, la carte d'ancien combattant était destinée à récompenser les poilus qui s'étaient distingués au champ d'honneur. Près d'un siècle plus tard, le périmètre s'est considérablement élargi. Au fil des conflits, les majorités au pouvoir, de droite comme de gauche, ont assoupli la réglementation, sans en mesurer les répercussions. "Au point qu'aujourd'hui plus personne ne sait vraiment qui sont les anciens combattants", commente un spécialiste du dossier. Une loi votée en 1993 autorise désormais les salariés des sociétés de sécurité privées à y prétendre ! Même les déserteurs peuvent obtenir leur carte en toute impunité, selon la Cour des comptes. Le cas des conscrits de la guerre d'Algérie est emblématique de cette fuite en avant. Depuis 2004, la carte leur est accordée sur la base d'un simple critère de présence en Afrique du Nord entre 1954 et 1962, ce qui a entraîné une explosion des effectifs dans les années 2000. Sur 1,2 million d'anciens combattants recensés en 2013 par le Trésor public, 80 % ont servi en Algérie... 

une politique beaucoup trop généreuse aux yeux des magistrats de la rue Cambon, qui s'alarment de l'envolée des dépenses. Entre 2002 et 2013, le budget de l'État alloué à la retraite des combattants a augmenté de 70 %, passant de 500 à 839 millions d'euros. Le fruit, entre autres, d'une revalorisation lancée par Jacques Chirac en 2006, qu'a poursuivie Nicolas Sarkozy. De près de 400 euros par an au début des années 2000, la retraite est passée à 670 euros en 2012. Pour la Cour des comptes, ces mesures ont été prises dans le seul but de satisfaire les demandes du monde combattant "en dehors de toute justification pratique".

Audit Rares sont ceux au Parlement qui acceptent de parler à visage découvert. Sujet forcément sensible. L'ancien sénateur UMP Philippe Marini en a fait l'expérience en juin 2014. Alors président de la commission des Finances, il avait évalué la charge, pour l'État, des avantages fiscaux accordés aux anciens combattants. Un poste budgétaire passé de 420 millions d'euros en 2008 à 566 millions en 2013, qui devrait atteindre environ 775 millions en 2018. Présenté dans la plus grande discrétion, le rapport de Philippe Marini a été immédiatement enterré. Mais son auteur n'a pas été épargné pour autant. "J'ai reçu des courriers, beaucoup de courriers, de personnes très irritées. On me reprochait d'avoir chiffré le prix du sang", confie l'ancien sénateur. 

Pas étonnant, dès lors, que le rapport hautement sensible de la Cour des comptes n'ait pas eu de suites à ce jour. Le ministère de la Défense a répondu par une fin de non-recevoir. Tout juste a-t-il lancé un audit sur la population des anciens combattants. Il y a encore quelques mois, personne n'était capable de mettre un chiffre précis sur le nombre de vétérans français. L'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (Onac), l'institution chargée de les enregistrer, n'était capable de fournir que le nombre de cartes distribuées depuis 1926, sans distinguer les personnes décédées de celles encore vivantes...

eh bé vois donc, si ca continue, on devra payer pour obtenir "le prix du sang versé"

Attention restons vigilants

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J'ai l'immense peine de vous annoncer le DC brutal de Jacques Seguin, Secrétaire général de l'UDAC.

C'est une grande perte pour le monde combattant.

Jacques était impliqué et avait des responsabilités dans bon nombre d'associations.

L'UDCR présente ses plus sincères condoléances à sa fille ainsi qu'à toute sa famille.

(ci contre la dernière photo le 8 mai dernier à Niort)

On dit que personne n'est irremplaçable,avec le DC de Jacques cela reste à prouver.

JMP

Pdt UDCR 79

                                  Vice Pdt UDAC

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Jacques Seguin le passeur de mémoire

Historien et figure du monde des anciens combattants, le Niortais était obsédé par l’idée de rendre vivante la mémoire des conflits auprès des jeunes.

Le Niortais Jacques Seguin est décédé hier à La Rochelle. Cette figure du monde des anciens combattants, colonel de réserve, professeur d’histoire-géographie, auditeur à l’Institut des hautes études de la Défense nationale, a consacré sa vie à relayer une histoire vivante, ancrée dans le présent.
Quand ce Parisien d’origine, instituteur à ses débuts, quitte le collège Fontanes à Niort en 2007, c’est un pilier de l’établissement qui s’en va. Non seulement il y a enseigné plus d’un quart de siècle, mais il a emmené les élèves sur les grands lieux qui ont fait l’Histoire, comme les plages du Débarquement, où il leur en a fait rencontrer ses acteurs, comme le Niortais Maurice Sauvé, parachuté la veille du jour J.
Comment enseigner l’histoire en se nourrissant des témoignages de ceux qui l’ont vécue ? Autour de cette question centrale pour lui, Jacques Seguin, en 2002, avait participé à un grand événement au Futuroscope au côté de l’historien Benjamin Stora, spécialiste de l’Algérie.
“ Il n’arrêtait jamais ”Jacques Seguin était le secrétaire général de l’Udac (Union départementale des associations de combattants et de victimes de guerre), président de l’amicale des porte-drapeaux des Deux-Sèvres, secrétaire de l’Adif 79 (Association des déportés ; internés et familles de disparus). Il était également très impliqué à la Fédération des médaillés de la jeunesse et des sports. Pas pour le plaisir de collectionner les titres : « Il se donnait à 100 % pour chaque association. Il était généreux de lui-même et de son temps : il n’arrêtait jamais, il était toujours là quand l’un de nous avait un problème. Il a livré beaucoup de combats », témoigne Jane Debenest, figure de la lutte pour maintenir la mémoire de la Résistance et de la déportation. Ensemble, Jane Debenest et Jacques Seguin avaient notamment travaillé à une grande exposition sur Nuremberg.
“ Profonde tristesse ”Hier après-midi, la préfète des Deux-Sèvres, Isabelle David, a fait part « de sa profonde tristesse », saluant « l’implication et la disponibilité remarquable » de Jacques Seguin : « Il a contribué avec force et dynamisme à promouvoir l’esprit de défense, le devoir de mémoire et de citoyenneté auprès des jeunes du département. »
« Jacques Seguin, ce n’était pas la mémoire pour la mémoire. C’était la mémoire pour le futur », résume Jane Debenest. Pour preuve, cette déclaration, l’hiver dernier, où Jacques Seguin, au nom de l’ADIF 79 exprimait sa « profonde inquiétude devant la montée rapide et violente des idéologies fascistes et nazies en Europe, notamment en France, qui se nourrissent des incertitudes et du mal-être qui caractérisent notre temps. »

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Une injustice enfin réparée

Lors de sa visite à l'ENSOA, Geneviève Darrieussecq a remis plusieurs Croix du Combattant à des AC en Algérie de 1962 à 1964.

Par ce geste la Secrétaire d'Etat déléguée aux AC a réparé une injustice qui privait ces personnes de la reconnaissance nationale.

Pour mémoire 530 d'entre eux ne sont pas rentrés à la maison au cours de cette période.

On peut aussi s'indigner qu'il est fallu attendre que ces combattants atteignent l'âge de 75 ans pour enfin admettre qu'ils avaient fait la "guerre". 

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© Jean Marie Petyt