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Mise à jour le 3 Avril 2019

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Mali : un médecin militaire français meurt durant une opération

Il est décédé durant une action contre « les groupes armés terroristes ». La présidence française a fait part de sa « très grande tristesse ».

Triste nouvelle annoncée ce mardi 2 avril par l'Élysée. Un médecin militaire français est décédé au Mali à la suite du « déclenchement d'un engin explosif improvisé » au passage de son véhicule blindé. Les faits sont survenus lors d'une opération de lutte « contre les groupes armés terroristes », ont annoncé la présidence française et l'état-major des armées.

Le capitaine Marc Laycuras, qui relevait de la 120e antenne médicale basée au Mans (ouest) et engagée au côté du 2e régiment d'infanterie de marine (2e RIMa), était en opération dans la région du Gourma, frontalière du Burkina Faso, a précisé à l'AFP le porte-parole de l'état-major des armées françaises, le colonel Patrik Steiger. L'officier est le 24e militaire français décédé au Mali depuis l'intervention française Serval en 2013 dans ce pays, suivie de l'opération antiterroriste Barkhane élargie à cinq pays du Sahel en 2014.

Un autre soldat blessé

« Il y a eu une détonation au passage d'un VAB (véhicule de l'avant blindé). Deux militaires blessés ont immédiatement été pris en charge et transférés par un hélicoptère Caïman » vers Gossi, à 150 km à l'ouest de Gao (nord) où se situe le QG de la force française Barkhane au Mali, a-t-il ajouté.

Le capitaine Laycuras, grièvement blessé, a succombé à ses blessures.

L'état de l'autre militaire n'inspire en revanche « pas d'inquiétude », a précisé le colonel Steiger. « Aucun ennemi, aucune présence particulière n'ont été décelés » dans le secteur au moment de l'explosion, a-t-il également relevé, sans plus de précisions.

Le président Emmanuel Macron a fait part de sa « très grande tristesse » et rappelé « l'entier soutien de la France au Mali et à la force des Nations unies pour la mise en œuvre de l'accord de paix » de 2015.
« Le décès du médecin-capitaine Marc Laycuras nous rappelle chaque jour le dévouement inlassable des femmes et des hommes du service de santé des armées sur tous les théâtres d'opérations », a ajouté la ministre des Armées Florence Parly dans un communiqué.

Des zones non contrôlées

L'armée française mène depuis un an et demi, avec la force antidjihadiste Barkhane, une série d'opérations militaires dans le Liptako, dans le nord-est du Mali, et étend désormais son action de l'autre côté du fleuve Niger, dans la zone adjacente du Gourma, frontalière du Burkina Faso. Le Gourma est « réputé être une zone sanctuaire » pour plusieurs groupes armés, implantés notamment dans les forêts et à la frontière avec le nord du Burkina Faso. Le nord du Mali est tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes, en grande partie dispersés par l'intervention militaire lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, malgré la signature en 2015 d'un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes, dont l'application accumule les retards.

Depuis 2015, les violences se sont propagées du nord au centre du pays, beaucoup plus densément peuplé, où elles se mêlent très souvent à des conflits intercommunautaires.

Une tuerie imputée à des chasseurs dogons se présentant comme un « groupe d'autodéfense » antidjihadiste a ainsi fait quelque 160 morts le 23 mars dans le village peul d'Ogossagou, près de la frontière burkinabè.

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MÉMORIAL OPEX

Pour un hommage commun à "ceux de 14" et à nos morts en OPEX le 11 novembre 2019.

Le monument dédié aux militaires français morts en opérations extérieures (OPEX) et dont le projet fut initié, en 2011, à la demande du ministre de la Défense, par un rapport du général d’armée Bernard Thorette, ancien chef d’état-major de l’armée de Terre, commence enfin à voir le jour.

Longtemps enlisé dans des débats à connotation politique et dans les limbes où la Mairie de Paris a contribué à le maintenir, ce monument sera érigé dans une partie du Parc André Citroën, le jardin Eugénie-Djendi[1], dit encore jardin Noir, dans le 15earrondissement de Paris, et devrait être terminé avant la fin de cette année  2019.

La gravure, sur des plaques de laiton, des 600 noms de ceux à qui ce monument est dédié et qui, entourant le monument, constitueront le Mémorial, a commencé en atelier. Une maquette en mousse, grandeur nature, de la statue constituée de six porteurs d’un cercueil symboliquement absent  (cinq hommes et une femme), réalisée à partir de vrais modèles issus de toutes les composantes de nos armées, a été réalisée. Elle est criante de réalisme et ses détails sont très soignés. Enfin, les travaux d’aménagement du jardin commenceront au début de la belle saison.

Si le calendrier du déroulement des différentes étapes de cette réalisation est respecté, le monument sera livrable courant octobre. Dès lors, se pose la question de la date de son inauguration. On pense immédiatement au 11 novembre suivant. Mais, à cette date, le président de la République envisagerait l’entrée au Panthéon de Ceux de 14 avec, à leur tête, Maurice Genevoix. Cela mène à envisager une alternative : soit la tenue des deux cérémonies le même jour, soit à deux dates différentes.

D’aucuns craignent qu’en cas de simultanéité, le Panthéon écrase les OPEX et que l’inauguration du monument devienne accessoire. Cet argument n’est pas à balayer d’un revers de main, encore que cela dépende du degré de solennité donné aux deux cérémonies. Si le président de la République inaugure en personne le monument OPEX et si sa présence est précédée de la pédagogie nécessaire, alors il n’y a guère de raison que ce deuxième (ou premier dans l’ordre chronologique ?) volet d’une même journée commémorative passe au second plan.

En revanche, si les deux cérémonies avaient lieu le même jour, il y aurait là une charge symbolique extraordinairement puissante permettant de relier nos plus récents morts pour la France à leurs grands anciens de la Grande Guerre et de montrer ainsi que, sans discontinuité, les différentes générations du feu n’ont jamais cessé de défendre notre pays et de mourir pour lui. En outre, il y aurait là, pour la première fois peut-être, une application concrète de la loi du 28 février 2012 qui, dans son article premier, stipule que : « Le 11 novembre, jour anniversaire de l'armistice de 1918 et de commémoration annuelle de la victoire et de la Paix, il est rendu hommage à tous les morts pour la France.[2] »

Si le destin lui avait permis de vivre plus longtemps, la fille de Maurice Genevoix, Sylvie, aurait alors pu, au cours de la même journée, rendre hommage à son père avec l’ensemble des Français et saluer la mémoire de nos soldats morts hors de nos frontières dans le cadre de la lutte conduite par notre pays contre le terrorisme dont fut victime son mari, Bernard Maris, assassiné dans les locaux de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015.

La référence faite ici à la dimension familiale des morts honorés nous amène à suggérer, dans l’hypothèse souhaitée d’une double cérémonie le même jour et, si possible, le 11 novembre, que les familles des morts en OPEX soient également officiellement invitées   la cérémonie du Panthéon et mises en avant.

En effet, lors d’une mort en OPEX, la famille du décédé constitue, avec l’unité militaire à laquelle celui-ci appartenait, le premier cercle mémoriel. C’est la famille qui décide du lieu d’inhumation et d’une partie  du cérémonial des obsèques. La « mémoire militaire » matérialisée par des plaques ou des monuments dans les cours des casernes se double d’une « mémoire privée »  dont le premier élément constitutif est, après la cérémonie militaire, l’hommage rendu au sein de la sphère familiale. Une présence des familles des morts en OPEX aux deux cérémonies permettrait d’amalgamer, d’agréger, de relier ces diverses mémoires familiales à la mémoire nationale, à créer un pont entre des histoires privées et la grande Histoire de notre pays.

L’entrée de Maurice Genevoix au Panthéon, au milieu des grandes figures de la Nation, s'est imposée petit à petit comme étant celle du  porte-parole des soldats de 1914. Donc, à travers lui, entrent au Panthéon tous les soldats de 1914.  "L'entrée au Panthéon récompense à la fois Maurice Genevoix le soldat de 14 et l'écrivain qui leur a permis de vivre dans notre mémoire",  souligne Xavier Pierson, le maire des Éparges (70 habitants) et le délégué de l’ASAF pour le département de la Meuse.

L’inauguration, le même jour, du monument dédié à la mémoire des militaires morts en opérations extérieures serait le symbole de l’entrée solennelle de tous les soldats morts pour la France depuis 55 ans dans le Panthéon mémoriel de la France. En se donnant la main, Ceux de 14 et Ceux des OPEX témoigneraient de la continuité sans faille de l’Histoire glorieuse de notre pays.

 

Gilbert ROBINET
Secrétaire général de l’ASAF

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