Guerre d'Algérie : son statut d'ancien combattant reconnu 57 ans après.

N'en déplaise à ce Monsieur mais s'il avait fait partie d'une association d'anciens combattants, il aurait été informé ????

 

Francis Pierré, ancien militaire, n'était pas au courant qu'il pouvait bénéficier de la carte d'ancien combattant, comme le raconte « Le Parisien ».

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Francis Pierré est très remonté. Depuis 57 ans, il aurait dû bénéficier de la précieuse carte d'ancien combattant, raconte Le Parisien. Ce retraité de 76 ans fait partie des appelés en Algérie entre juillet 1962 et juillet 1964. « C'est totalement par hasard que mon fils à découvert que j'avais droit à la carte d'ancien combattant depuis janvier dernier. Pourquoi n'a-t-on pas été informé, s'interroge Francis Pierré. Et en plus ça n'est pas rétroactif ; c'est vraiment scandaleux. Combien de gens vont finalement profiter de la mesure ? » se demande Francis Pierré auprès du journal.

La procédure pour obtenir la carte d'ancien combattant n'est pas la même pour tout le monde. En effet, pour ceux qui ont vécu le conflit jusqu'à l'indépendance, l'obtention de ce statut est automatique. Un fonctionnement différent pour ceux qui se sont rendus en Algérie à partir de l'indépendance et jusqu'à juillet 1964. C'était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, par question d'équité. Depuis décembre 2018, la carte d'ancien combattant (et ses avantages) est attribuée aux soldats déployés après la fin de la guerre jusqu'en 1964. Terminé donc l'argument : « Ce n'était plus en temps de guerre. » Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées, estime que 30 000 bénéficiaires potentiels pourraient déposer leur demande de carte d'ici à la fin de l'année.

Des avantages financiers

L'obtention de cette carte n'est pas anodine, de nombreux avantages sont liés. « Ça n'est pas rien. Cela va me permettre notamment de toucher une retraite supplémentaire de 750 euros par an et de bénéficier d'une demi-part fiscale supplémentaire. Ça compensera la suppression de la demi-part de veuf que je suis… » détaille l'ancien militaire cité par le quotidien.

Le Parisien rappelle les avantages liés au statut. La croix du combattant, une retraite de 751,40 euros par an cumulable avec une pension de retraite professionnelle et une demi-part d'impôt sur le revenu à partir de 74 ans. De plus, les anciens combattants peuvent également avoir accès aux services et aides sociales de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre. Enfin, ils ont droit à la constitution par capitalisation d'une retraite mutualiste majorée par l'État de 12 à 60 % selon les cas. Pour financer ces différents avantages, une enveloppe annuelle de 30 000 millions d'euros a été budgétée, explique le quotidien.

Qui veut l'argent des anciens combattants ?

EXCLUSIF. Selon un rapport, la République débourse chaque année 3 milliards d'euros pour ses anciens combattants. "Le Point" met l'accent sur certains abus.

C'est une bombe à retardement dont chacun fait mine de ne pas entendre le tic-tac", confie un haut fonctionnaire de Bercy. Voilà plusieurs mois qu'un rapport explosif sommeille à la Cour des comptes. Le document, que Le Point a consulté, renferme un avis sévère sur les dépenses de l'État en faveur des anciens combattants. La République débourse près de 3 milliards d'euros tous les ans pour ses vétérans. "Le prix du sang", soulignent les associations d'anciens combattants. La Cour des comptes, elle, parle d'"une charge financière lourde et pas toujours justifiée", et en demande la réforme.

Une carte trop facilement délivrée

Créée en 1926, la carte d'ancien combattant était destinée à récompenser les poilus qui s'étaient distingués au champ d'honneur. Près d'un siècle plus tard, le périmètre s'est considérablement élargi. Au fil des conflits, les majorités au pouvoir, de droite comme de gauche, ont assoupli la réglementation, sans en mesurer les répercussions. "Au point qu'aujourd'hui plus personne ne sait vraiment qui sont les anciens combattants", commente un spécialiste du dossier. Une loi votée en 1993 autorise désormais les salariés des sociétés de sécurité privées à y prétendre ! Même les déserteurs peuvent obtenir leur carte en toute impunité, selon la Cour des comptes. Le cas des conscrits de la guerre d'Algérie est emblématique de cette fuite en avant. Depuis 2004, la carte leur est accordée sur la base d'un simple critère de présence en Afrique du Nord entre 1954 et 1962, ce qui a entraîné une explosion des effectifs dans les années 2000. Sur 1,2 million d'anciens combattants recensés en 2013 par le Trésor public, 80 % ont servi en Algérie... 

une politique beaucoup trop généreuse aux yeux des magistrats de la rue Cambon, qui s'alarment de l'envolée des dépenses. Entre 2002 et 2013, le budget de l'État alloué à la retraite des combattants a augmenté de 70 %, passant de 500 à 839 millions d'euros. Le fruit, entre autres, d'une revalorisation lancée par Jacques Chirac en 2006, qu'a poursuivie Nicolas Sarkozy. De près de 400 euros par an au début des années 2000, la retraite est passée à 670 euros en 2012. Pour la Cour des comptes, ces mesures ont été prises dans le seul but de satisfaire les demandes du monde combattant "en dehors de toute justification pratique".

Audit Rares sont ceux au Parlement qui acceptent de parler à visage découvert. Sujet forcément sensible. L'ancien sénateur UMP Philippe Marini en a fait l'expérience en juin 2014. Alors président de la commission des Finances, il avait évalué la charge, pour l'État, des avantages fiscaux accordés aux anciens combattants. Un poste budgétaire passé de 420 millions d'euros en 2008 à 566 millions en 2013, qui devrait atteindre environ 775 millions en 2018. Présenté dans la plus grande discrétion, le rapport de Philippe Marini a été immédiatement enterré. Mais son auteur n'a pas été épargné pour autant. "J'ai reçu des courriers, beaucoup de courriers, de personnes très irritées. On me reprochait d'avoir chiffré le prix du sang", confie l'ancien sénateur. 

Pas étonnant, dès lors, que le rapport hautement sensible de la Cour des comptes n'ait pas eu de suites à ce jour. Le ministère de la Défense a répondu par une fin de non-recevoir. Tout juste a-t-il lancé un audit sur la population des anciens combattants. Il y a encore quelques mois, personne n'était capable de mettre un chiffre précis sur le nombre de vétérans français. L'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (Onac), l'institution chargée de les enregistrer, n'était capable de fournir que le nombre de cartes distribuées depuis 1926, sans distinguer les personnes décédées de celles encore vivantes...

eh bé vois donc, si ca continue, on devra payer pour obtenir "le prix du sang versé"

Attention restons vigilants

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MÉMOIRE-HISTOIRE

Mise à jour le 21 Août 2019

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A la Libération de Paris, la revanche personnelle d'un pompier au sommet de la Tour Eiffel

25 août 1944. Dans la bataille qui se joue pour libérer Paris, le capitaine Lucien Sarniguet tient sa revanche: voilà quatre ans que ce pompier rêve de remettre le drapeau tricolore sur la Tour Eiffel, pour laver l'affront que lui ont fait subir les Allemands.

"Pendant toute l'occupation, c'est resté dans sa tête", témoigne encore 75 ans plus tard sa fille, Jeanne-Marie Badoche. A 92 ans, elle entretient le souvenir vivace de "l'humiliation, jamais digérée" par son père.

En juin 1940, lorsque les troupes allemandes entrent dans un Paris déserté par le gouvernement, il est chargé de décrocher l'étendard au sommet du monument.

Une capitulation "insupportable" pour ce résistant de la première heure, membre d'un réseau baptisé "Armée volontaire", arrêté en août 1940 et emprisonné pendant 18 mois pour avoir fait passer des prisonniers en zone libre.

Alors, lorsque le général Leclerc dirige les chars de sa 2e division blindée sur la capitale, le capitaine Sarniguet est sur le qui-vive. Il ordonne des "reconnaissances" autour de la Dame de fer, "de jour et de nuit", selon ses notes sur les jours de la Libération.

Le 25, le moment est enfin propice. Dans sa caserne du 15e arrondissement, l'officier réunit quelques hommes de confiance: les sergents Henri Duriaux et Pierre Noël, le caporal chef Charles Rouard et les sapeurs Marcel Conversy et André Taillefer.

Dans leur fourgon, un drapeau tricolore de fortune. Six draps cousus entre eux en secret par des femmes de sous-officiers, raconte Jeanne-Marie Badoche.

Teint avec les moyens du bord, "le bleu était violacé, le rouge délavé, un peu rose", rit-elle. Exfiltré plusieurs semaines en zone libre, l'emblème est revenu à Paris depuis quelques jours, "caché dans le tube gazogène" d'une voiture.

Arrivée au pied de la Tour Eiffel, l'équipe s'assure que les pieds ne sont pas minés - Hitler ordonne vainement depuis des jours la destruction de Paris à son général sur place, Dietrich von Choltitz. La Wehrmacht contrôle encore les ascenseurs, reste les escaliers.

Discrétion

L'ascension des 1.700 marches du monument se fait au son des combats qui font rage à quelques centaines de mètres de là, entre la 2e DB de Leclerc - dont un brigadier est tué le jour de ses 20 ans - et les Allemands, retranchés à l'École Militaire de l'autre côté du Champ de Mars.

Vers midi, le capitaine Sarniguet et ses hommes touchent au sommet. Le drapeau français, même blafard, remplace la croix gammée qui flottait depuis plus de 1.500 jours sur Paris. "Je ne rencontrai pas d'autre obstacle que le vent", note le pompier dans ses écrits.

Aujourd'hui encore, une plaque au dernier étage de la Tour Eiffel commémore cet épisode. L'histoire a pourtant failli se perdre à cause de la discrétion des protagonistes. "Papa ne s'en est pas du tout vanté sur le moment", explique Jeanne-Marie Badoche.

C'est seulement dans les années 80, lorsque le sergent Duriaux fait "un peu de tri dans son portefeuille", que son fils Robert, devenu sapeur-pompier lui aussi, tombe sur "une toute petite photo en noir et blanc" de l'équipe d'alors, prise dans la Tour.

"On a failli passer à côté d'un fait relativement historique et mémorable", souffle Robert Duriaux, aujourd'hui retraité de 68 ans.

Après cette découverte, le fils écrit un article dans le magazine de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris et s'attache à réunir les membres du "commando", à l'aide du désormais "colonel Sarniguet", décédé en 1993, un an avant les commémorations en grande pompe du cinquantenaire de la Libération.

"C'est un acte de courage si on peut dire, mais c'est surtout une belle histoire", sourit Robert Duriaux. L'ancien pompier conserve le casque d'époque de son père et ne manque jamais l'occasion de participer aux reconstitutions de l'événement.

Pour les 75 ans fin août, une cérémonie aura lieu au pied de la Tour Eiffel.

Une occasion symbolique de rappeler "l'ensemble des actions qu'ont menées les pompiers de Paris" à la Libération, rappelle le capitaine Emmanuel Ranvoisy, conservateur de la Brigade. Le régiment de l'époque avait son propre groupe de résistance, baptisé "Sécurité Parisienne", et de nombreux pompiers ont par exemple "transporté des armes" pour les fournir aux insurgés parisiens.

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Débarquement de Provence : un tirailleur se souvient

À Toulon, Issa Cissé tenait un canon antichar dans ce débarquement qui a hâté la victoire des Alliés durant la Seconde Guerre mondiale.

Baptisé dans le plan initial "Anvil" (enclume, en anglais), en référence à "Hammer" (marteau) pour le débarquement de Normandie du 6 juin 1944 dont il devait constituer le pendant, le débarquement de Provence (août 1944) a abouti à la libération d'une grande partie du sud de la France.

De Dakar à Toulon en passant par le Maroc et l'Algérie

"J'ai été engagé volontaire le 4 novembre 1942", peu avant d'avoir 21 ans", se rappelle Issa Cissé. "Je travaillais comme chaudronnier à la marine à Dakar". Avant d'aller en Provence, il dit être passé par bateau au Maroc et en Algérie. "Au Maroc, nous avons été formés, avec d'autres soldats africains, à faire la guerre, au maniement des armes. On nous apprenait à tuer sans être tués." "Ça a commencé le 15 août. J'ai débarqué le 17 août. Je tenais un canon antichar", raconte Issa Cissé, 92 ans, ancien tirailleur sénégalais. "J'appartenais à la 9e division d'infanterie coloniale. Nous avons débarqué le 17 août et le 25 août, nous sommes entrés dans Toulon, que nous avons libérée", précise à l'AFP le frêle vieillard à l'ouïe déficiente. 

"Il y avait beaucoup de morts et de blessés chez les tirailleurs sénégalais", poursuit le vétéran à l'humeur joviale, entouré de sa famille, dont ses deux épouses, ses enfants et petits-enfants. "Deux jours après le début du débarquement, nous avons manqué d'eau.
Avec un autre soldat, nous nous sommes portés volontaires pour aller en chercher", se souvient ce natif de Bakel, dans l'est du Sénégal, à l'époque soldat de première classe.
Après quelques kilomètres de marche, ils tombent "sur un puits, dans un village déserté".
Le soldat Cissé dit avoir "goûté à l'eau", pour s'assurer de sa qualité, "malgré les risques d'empoisonnement". "Nous sommes retournés chacun avec un jerricane de 20 litres sur la tête", raconte-t-il.

Le retour au pays, la déception de la non-reconnaissance

À la fin de la guerre, "nous avons attendu un an pour rentrer au Sénégal, le 25 avril 1946, faute de bateau". Libéré de l'armée la même année, il retrouve son travail de chaudronnier dans la marine. "J'ai perdu beaucoup d'amis pendant ce débarquement.

Ils ont été tués par des bombes, des mines, des mitrailleuses ou des canons. D'autres sont devenus fous ou estropiés et n'ont jamais pu revenir" en Afrique, indique M. Cissé.

"Nous n'avons pas la reconnaissance de la France. Elle ne peut même pas nous payer", dit-il, déplorant le faible montant de sa pension. "Je perçois 219 614 FCFA [334 euros] tous les six mois. Avant son augmentation [dans les années 2000, NDLR], c'était 25 000 FCFA [38 euros] par semestre", soupire le nonagénaire, livret militaire à la main.

Et de rappeler l'épisode Thiaroye, près de Dakar en décembre 1944. Des tirailleurs démobilisés, de retour de la guerre, qui manifestaient pour réclamer le paiement de leurs primes et soldes, avaient été fusillés par l'armée coloniale française.

Malgré cela, la fierté du devoir accompli demeure. Chéchia rouge et médailles épinglées à un impeccable boubou brodé jaune, Issa Cissé a le visage qui s'illumine encore au souvenir de ses faits d'armes.

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Débarquement de Provence : que s’est-il passé le 15 août 1944 ?

Moins connu que le D-Day en Normandie, le Débarquement en Provence revêt pourtant une importance stratégique, et aussi symbolique pour la France.

C'est « l'autre débarquement » de la Seconde Guerre mondiale. Moins connu que celui du 6 juin, élevé au rang de mythe et maintes fois célébré par le septième art, mais au final pas moins important. Le 15 août 1944 – il y a 75 ans ce jeudi – marque le lancement de l'opération Dragoon en Provence, un peu plus de deux mois après Overlord et le déferlement de l'allié américain sur les plages normandes.

Dragoon et Overlord auraient initialement dues être lancées simultanément, mais entre autres par faute de moyens, le volet provençal est décalé de plusieurs semaines. Il s'agit pour les armées alliées de prendre l'Allemagne en tenaille. Dragoon, co-dirigée par les Américains et les Français – où l'on retrouve le général de Lattre de Tassigny –, a pour objectif de libérer les ports de Toulon (Var) et de Marseille (Bouches-du-Rhône), cruciaux pour organiser le ravitaillement des troupes et la reconquête totale de l'Hexagone. Le 14 août au soir, la radio anglaise de la BBC multiplie les messages codés annonçant l'imminence du déploiement : « Nancy a le torticolis. »

Minuit passé, les premières bombes sont lâchées et des milliers de soldats sont parachutés dans le noir dans l'arrière-pays varois, tandis que le reste des forces accostent entre Toulon et Cannes (Alpes-Maritimes). 2 200 bâtiments, dont 850 navires de guerre, principalement américains et anglais. Fréjus (Var) tombe le 16 août, Draguignan (Var) dans la foulée. Il faudra une petite semaine pour récupérer Toulon aux Allemands, tout comme Marseille, avant que les forces alliées ne remontent en suivant la Rhône pour finalement retrouver les régiments d'Overlord en Bourgogne.

Algériens, Marocains, Tunisiens...

Mais si ce débarquement revêt une importance pour la France, c'est parce qu'elle en aura été très largement partie prenante. En juin, seuls 177 vaillants du commando Kieffer avaient foulé les plages de Normandie. Sur les quelque 400 000 soldats qui participeront à l'offensive provençale, on en décompte pas moins de 250 000 sous les couleurs de la France – et dont une grande partie d'Algériens, Marocains, Tunisiens, ou Sénégalais.

Pour la commémoration des 60 ans de Dragoon, en 2004, Jacques Chirac leur rendra un vibrant hommage : « Chasseurs d'Afrique, goumiers, tabors, spahis, tirailleurs, zouaves, ils ont été les inlassables artisans de la victoire. » Un épisode à part, aussi, dans la mémoire de l'ancien président. Alors âgé de 11 ans, il réside encore au Rayol-Canadel – au cœur de Dragoon – à l'été 44. Et sa famille aura eu l'occasion d'accueillir, le 15 au soir, le général Brosset, à la tête de la 1re division française libre.

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